Vallée de l’Aisne 2020

Création et diversification d’annexes hydrauliques sur la vallée de l’Aisne : Création de frayères à brochets et de réseaux de mares (Co-Maîtrise d’ouvrage SMAVAS / FDPPMA 51)

Comme en 2015, le SMAVAS et la FDPPMA 51 se sont associés en Co-Maîtrise d’Ouvrage pour mettre en œuvre un programme de création/restauration d’annexes hydrauliques (bras morts pour frayères à brochets) et de diversification de zones humides (création de chapelets de mares de diverses surfaces et profondeurs en plaine alluviale de l’Aisne) sur la vallée de l’Aisne. En 2015, ce projet avait concerné la vallée de l’Aisne marnaise aval à Sainte-Menehould. Désormais ce projet s’intéresse aux annexes hydrauliques de la vallée de l’Aisne marnaise amont à Sainte-Menehould. L’ensemble de la Maîtrise d’œuvre de ce programme est réalisé en régie par le technicien de rivière du SMAVAS et la technicienne de la FDPPMA51.

Plusieurs sites potentiels avaient été relevés par le SMAVAS lors des prospections terrains de la vallée de l’Aisne. Des relevés topographiques et des propositions d’aménagements avaient été réalisés à l’été 2019 sur ces sites par le SMAVAS et la FDPPMA, avec comme objectifs de programmer ces travaux en 2020.

La rédaction de l’Avant-Projet Détaillé s’est achevée au 1er semestre 2020. Toutes les autorisations de travaux auprès des propriétaires riverains ont été signées. Puis le SMAVAS et la FDPPMA ont élaboré le dossier règlementaire et lancé la procédure d’autorisation auprès du Service Police de l’Eau de la DDT en charge de leur instruction (arrêté préfectoral autorisant les travaux reçu le 7 juillet 2020).

Après rédaction du Dossier de consultation des Entreprises, un appel d’offres a été lancé au printemps 2020. L’entreprise « Les Chantiers du Barrois » a été retenue pour l’ensemble du programme 2020-2021.

Les travaux de restauration et diversification des annexes hydrauliques ont démarré le 6 octobre 2020.

Par ailleurs, un suivi écologique (inventaire amphibiens, libellules et floristique) des 6 sites restaurés a été programmé. Le Conservatoire des Espaces Naturels de Champagne-Ardennes a été recruté par la FDPPMA51 et le SMAVAS pour réaliser ces suivis scientifiques. Des suivis ont été réalisés avant travaux et deux suivis sont prévus après travaux (en N+1 et en N+5).

Les travaux de la tranche ferme ont débuté le mardi 6 Octobre 2020 et se sont terminés le 22 Octobre 2020. L’ensemble des travaux prévus dans la tranche ferme a été réalisé.

Cinq annexes hydrauliques ont été restaurées, permettant de reconnecter environ 4 500 m2 de zone de frayère pour le brochet. Environ 500 m2 de mares ont été restaurés sur le site de « Tignau Pré », sur le territoire de la commune du Chemin.

La 6ème annexe hydraulique (ancien méandre de l’Aisne au lieu-dit « Pré Chotté » sur la commune de Eclaires) prévue au projet est dans l’attente de l’autorisation du propriétaire riverain (échange foncier en cours). Sa restauration est en tranche optionnelle et les travaux programmés pour 2021-2022.

« Les Hazelles », Sainte-Ménéhould

Avant travaux

Lors des travaux de redressement de l’Aisne, seules les extrémités de l’ancien méandre ont été remblayées pour déconnecter l’ancien méandre du lit actuel canalisé.

Au cœur de cet ancien méandre, un plan d’eau de faible profondeur a, par la suite, été créé. Il est alimenté directement par la nappe. Les vannages de Sainte-Menehould maintenant un niveau relativement constant au sein du lit de l’Aisne canalisé dans la traversée de Sainte-Menehould et sur toute la zone de remous, cet ancien méandre reste en eau quasiment toute l’année, sauf en fin de période d’étiage où il se retrouve quasiment en assec.

La dense végétation rivulaire (plantations de peupliers et autres essences d’arbres implantées : aulnes, saules, frênes et chênes) limite l’éclairement de l’ancien méandre. La végétation hélophyte est très peu implantée. Seuls des nénuphars poussent dans les zones les plus profondes et éclairées.

En arrière-plan de la troisième photo, on perçoit la partie remblayée extrême amont de l’ancien méandre.

                                              

Vestiges de l’ancien méandre de l’Aisne recoupé

Description détaillée des travaux réalisés

Les travaux sur cette annexe ont consisté en un déboisement sélectif des abords de l’annexe rives Sud et Est afin d’apporter de la luminosité et de permettre l’accès à la zone de connexion, et la création d’un chenal de connexion avec l’Aisne. Les chênes ont été conservés sur ces rives ainsi que quelques chandelles, et plusieurs saules ont été recépés en têtard. L’ensemble de la rive Nord de l’annexe a été conservée, elle constitue un habitat pour l’avifaune et les chiroptères, avec notamment les chandelles de peupliers dépérissant et les saules arbustifs.

Le bois de coupe et les rémanents ont été exportés par l’entreprise Argonne Bois afin d’être valorisés en bois énergie.

Compte-tenu des conditions météorologiques et afin de limiter le nombre d’allers-retours sur la « digue » entre l’Aisne et l’annexe, quelques résidus de coupe ont été mis en tas et stabilisés au pied du talus du la voie SNCF de manière à ne pas pouvoir être repris en période de crue. Ils constitueront aussi un habitat pour les différentes espèces animales présentes sur le site.

Un chenal de connexion avec l’Aisne a été créé à l’aval de l’annexe. Afin de limiter les allers-retours sur la digue entre l’Aisne et l’annexe, et avec l’accord de M. PARISOT (agent de secteur de l’OFB), les matériaux terreux extraits au niveau de la zone de connexion ont été régalés sur place au niveau du talus de l’ancienne voie SNCF.

A l’issue des travaux, la clôture de la prairie de M. DE RYCK, qui avait été démontée pour permettre l’accès aux engins, a été remise en place et la zone de circulation des engins dans la prairie a été remise en état.

Pendant les travaux

                                              

Déboisement des abords de l’annexe, évacuation du bois des rémanents et des grumes.

                                              

Création du chenal de connexion et régalage des matériaux terreux sur le talus de la voie SNCF.

                                              

Vue sur l’annexe depuis la zone de connexion et Vue sur l’annexe depuis sa berge ouest.

 

 

« Les Hazelles » (2), Sainte-Ménéhould

Avant travaux

Ce site est un vestige d’un ancien méandre de l’Aisne. Les travaux de recoupement du méandre n’ont pas été suivis d’un remblaiement du méandre. Seules les extrémités du méandre ont été comblées.

Depuis ces travaux de recoupement, le méandre est déconnecté de la rivière, mais il se retrouve fréquemment en eau en période de hautes eaux, par remontée de la nappe alluviale. Cet ancien méandre a également tendance à s’enfricher et de multiples bois morts s’accumulent au fond de l’ancien méandre. Par ailleurs, la présence d’une végétation arborée dense aux abords de l’annexe hydraulique l’ombrage dans sa totalité et empêche ainsi tout développement de la végétation aquatique en son sein ; ce qui ne fournit aucun support de ponte potentiellement pour le brochet et les amphibiens.

                                             

Accumulation de bois mort dans l’ancien méandre.

Description détaillée des travaux réalisés

Les travaux sur cette annexe ont consisté en un déboisement sélectif des abords de l’annexe afin d’apporter de la luminosité et de permettre l’accès à l’annexe pour les engins et la création d’un chenal de connexion avec l’Aisne.

Le bois de la parcelle a été en très grande partie exploité par la propriétaire de la parcelle quelques mois avant les travaux (conservation de l’ensemble des chênes et de quelques essences arbustives en berge de l’annexe). Les travaux de déboisement sur la parcelle par l’entreprise ont uniquement consisté en l’abattage d’un chêne situé au droit de la future connexion frayère-Aisne et de quelques perchis gênant le passage des engins et la bonne exécution des travaux. Un saule penché et cassé également été recepé en têtard, comme convenu lors de la réunion de commencement de travaux.

Le bois valorisable a été laissé sur la parcelle, entreposé en retrait de l’Aisne au niveau d’un tas de grumes préexistant, afin d’être valoriser par le bucheron de Mme Lequerme. Il a été demandé au bucheron de Mme Lequerme d’exporter ce bois avant la période de crue, afin d’éviter qu’il ne soit emporté en cas de débordement de l’Aisne

Les rémanents ont été exportés par l’entreprise Argonne Bois, pour une valorisation en bois énergie.

Un chenal de connexion a été créé au niveau de la partie aval de la connexion. Les berges et le fond du lit au niveau de la partie aval de l’annexe ont été retalutés en pente douce afin de favoriser le développement de végétation aquatique et d’éviter que l’annexe ne se transforme en « piège à poissons » en période d’étiage.

Les ornières créées par le passage des engins sur la parcelle ont été lissées.

A l’issue des travaux, la clôture de la prairie de M. DERYCK, qui avait été démontée pour permettre le passage des engins, a été remise en place. La zone de passage des engins dans la prairie de M. DE RYCK a été remise en état.

Pendant les travaux

                                              

Déboisement au niveau de la future zone de connexion et saule recépé en têtard.

                                              

Création du chenal de connexion.

                                              

Retalutage des berges en pente douce.

Vu panoramique de l’annexe après travaux (à droite la connexion avec l’Aisne).

« Les Houies », Sainte-Ménéhould – Annexe 1 (aval ancien méandre)

Avant travaux

En période de hautes eaux, une connexion s’établit avec l’Aisne mais le niveau d’eau reste relativement faible. Une légère baisse du niveau entraine rapidement une déconnexion de l’annexe.

On perçoit bien le fort ombrage de l’annexe hydraulique engendré par la végétation rivulaire dense et haute. Lorsque l’annexe hydraulique se retrouve en assec en période d’étiage, le manque d’ensoleillement empêche tout développement de végétation hélophyte et herbacée au sein de l’annexe hydraulique qui constitue le support de ponte des brochets et amphibiens.

                                        

Vu depuis le fond de l’annexe en période de hautes eaux et de basses eaux.

Description détaillée des travaux réalisés

Les travaux sur cette annexe ont consisté en un déboisement sélectif des abords de l’annexe afin d’apporter de la luminosité ainsi qu’un désenvasement et un retalutage en pente douce des berges au niveau de la connexion avec l’Aisne.

Le bois de coupe et les rémanents ont été exportés sur une plate-forme de stockage de la scierie de Verrières où ils seront repris par l’entreprise Argonne Bois pour une valorisation en bois énergie.

Quelques résidus de coupe ont été laissés sur site en tas stabilisé, en partie haute de l’annexe (hors zone inondable), afin de créer un habitat pour les espèces animales présentes sur le site.

Les matériaux terreux issus du terrassement de la zone de connexion ont été régalés sur place, en partie haute de l’annexe (hors zone inondable).

Pendant les travaux

                                         

Déboisement des berges de l’annexe.

                                         

Retrait de matériaux au niveau de la connexion et talutage des berges au biveau de la connexion.

Après travaux

                                               

Connexion après travaux et Vue depuis le fond de l’annexe après travaux.

« Les Houies », Sainte-Ménéhould – Annexe 2 (amont ancien méandre

Avant travaux

Le chenal de connexion de l’annexe est perché par rapport au lit de l’Aisne. Une connexion s’établit en période de hautes eaux mais le niveau d’eau est très faible (quelques centimètres), ce qui en rend difficile l’accès pour certains poissons. Une très légère variation du niveau de l’Aisne a pour conséquence immédiate la déconnexion de l’annexe qui peut alors se transformer en piège à poissons.

Le milieu de l’annexe est plus profond que le restant de l’annexe. Celui-ci est en eau toute l’année. La connexion de l’annexe étant perchée, celle-ci peut rapidement constituer un piège à poissons. En revanche, le maintien en eau toute l’année d’une partie de l’annexe est favorable à la présence d’amphibiens.

L’annexe est très encaissée et ombragée par les nombreux arbres présents sur les berges. Le manque d’ensoleillement ne permet pas le développement de la végétation hélophytes et herbacées en période estival, support de reproduction pour le brochet et les amphibiens.

                                                     

Connexion en période de hautes et basses eaux. Milieux de l’annexe en basses eaux.

Description détaillée des travaux réalisés

Les travaux sur cette annexe ont consisté en un déboisement sélectif des abords de l’annexe afin d’apporter de la luminosité ainsi qu’un désenvasement et un retalutage en pente douce des berges au niveau de la connexion avec l’Aisne, avec création de quelques risbermes en pied de berges.

Le bois de coupe et les rémanents ont été exportés sur une plate-forme de stockage de la scierie de Verrières où ils seront repris par l’entreprise Argonne Bois pour une valorisation en bois énergie.

Les matériaux terreux issus du terrassement de la zone de connexion ont été régalés sur place, en partie haute de l’annexe (hors zone inondable).

Pendant les travaux

Déboisement des berges de l’annexe.

                                              

Désenvasement et retalutage des berges du chenal de connexion.

Après travaux

Annexe hydraulique après travaux – A droite la connexion avec l’Aisne.

 Annexe de « Tignau Pré », Le Chemin

Avant travaux

L’ancien lit de l’Aisne a été déconnecté suite au redressement de la rivière : il a été comblé sur une vingtaine de mètre. Il ne peut y avoir de connexion directe entre l’ancien et le nouveau lit sauf en cas de débord de l’Aisne. Hors période de crue, l’ancien lit est alimenté en eau uniquement par la nappe alluviale.

Une végétation hélophyte de type cariçaie pousse au sein de l’ancien lit. La végétation qui se développe ne peut être exploitée (encaissement du lit et caractère trop humide). Le carex a également qu’une très faible valeur fourragère. L’ancien lit est en moyenne encaissé d’1-1,20 m par rapport au haut de berge.

En période de hautes eaux (l’hiver), les débords restent relativement fréquents. Toute la prairie est alors inondée. Mais la forte variation des débits de l’Aisne ne permet pas de garantir une connexion suffisamment longue pendant la période de fraie du brochet (de février à avril).

                                              

Ancien tracé de l’Aisne toujours visible avec développement d’une végétation type Cariçaie (période de basses eaux). Secteur de l’ancien lit complétement remblayé (sur environ 20 ml) suite au redressement de l’Aisne.

Description détaillée des travaux réalisés

Les travaux ont consisté en la création d’un chenal de connexion entre le lit encore marqué au niveau de l’ancien tracé de l’Aisne et le fossé de drainage du plan d’eau, un retalutage de la partie aval de l’ancien tracé en pente douce, la restauration de la mare en queue d’annexe ainsi que la restauration/création d’un réseau de mares en rive droite du fossé de drainage de l’étang.

L’ensemble des matériaux terreux a été évacué : la majorité des matériaux a été évacué vers une plate-forme de dépôt situé sur le territoire de la commune de Gizaucourt afin d’être repris par le SMAVAS dans le cadre des travaux de restauration hydromorphologique de l’Auve en 2021 ; environ 20m2 de terre végétale a été évacué chez M. MILLION (exploitant de la parcelle) pour une revalorisation dans le cadre de son activité de maraîchage.

Plusieurs saules présents ont aussi été recepés en têtards.

Dans le marché initial, il était prévu le recépage de deux saules, au niveau des mares en rive droite du fossé. Lors de la réunion de commencement de travaux, il a été convenu avec l’entreprise de recéper trois autres saules présents sur le site : un saule dépérissant au niveau du futur réseau de mares en rive gauche du fossé, un saule au niveau du fossé de connexion avec l’Aisne afin de faciliter les opérations de terrassement ainsi que le saule se situant en queue d’annexe afin de lui redonner de la vigueur.

Les rémanents issus du recépage des saules représentant un faible volume, ils ont été entreposés dans la zone boisée en bordure de la pâture, où ils se décomposeront rapidement.

A l’issue des travaux les ornières créées par le passage des engins sur la partie non empierrée du chemin d’accès ont été lissées.

Pendant les travaux

                                              

Reprise de la partie aval du fossé de drainage de l’étang afin de faciliter la connexion avec l’Aisne et création du chenal de connexion entre l’ancien tracé de l’Aisne et le fossé.

 

Restauration de la mare en queue d’annexe – Approfondissement et diversification des berges (berges sinueuses, avec une pente plus ou moins prononcée, risbermes, … etc).

Après travaux

                                             

Connexion avec l’Aisne  et Secteur aval de l’annexe vu depuis la zone de connexion.

Mare restaurée en queue d’annexe.

Mare restaurée partiellement en eau 2 semaines après travaux.

 

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